Un Départ vers une Nouvelle Vie?

Un départ vers une nouvelle vie ? Il est certain que je suis à une période charnière de ma vie. A 57 ans, je n’ai pas su saisir jusqu’ici les occasions qui auraient pu faire que ma vie soit meilleure.

Voici l’histoire de moments importants de mon enfance et adolescence.

Ma mère, sœur aînée de quatre garçons, était issue d’une famille d’industriels originaires d’Alsace et mon père, le 4ème d’une famille de 5, d’un père militaire et d’une mère issue d’une famille de banquiers étaient tous deux de confession protestante.

Notre mère nous répétaient sans cesse, à mes frères et sœurs et moi-même qu’il n’y avait qu’une issue dans la vie et dans la société : celle de « réussir ». Dans ses mots à elle, la réussite passait par l’argent. Il fallait avoir une position sociale élevée et donc, pour y parvenir, avoir un métier qui rapporte. Pour cela, il fallait bien-sûr avoir eu de bons résultats scolaires afin de faire sciences-po, l’ENA, ou toute autre école de commerce prestigieuse. À son grand désespoir, sur ses 5 enfants dont je suis le dernier, une seule a fait l’École des Cadres,  les quatre autres n’ont pas suivi ces filières. Je crois que nous nous sommes tous et toutes rebellés, plus ou moins consciemment, contre cette (sa) forme d’éducation. En effet, ce n’était pas « faites dans votre vie ce que vous avez envie de faire » mais « faites-nous plaisir, à votre père et moi (et surtout pour le prestige), devenez ce que NOUS voulons que vous deveniez ». Mon père, officier, sorti de Saint-Cyr en 1939, était beaucoup plus réservé. En fait, c’est notre mère, bien que très peu maternelle, qui avait en charge notre éducation pour la simple et bonne raison que son mari, après avoir fait la guerre de 39/45 est parti ensuite en Indochine durant 3 ans, sans revenir en France, puis il y eut les guerres d’indépendance en Afrique centrale – où je suis né – pour finir par la guerre d’Algérie.

Pourquoi écris-je tout cela ?

Cela a son importance car il y a une grande ambiguïté entre la religion Protestante dans laquelle nous avons été baignés et l’éducation que nous avons reçue de notre mère. Cette religion se veut être simple, ouverte et tournée vers le peuple, dans laquelle les mots Liberté, Égalité et Fraternité  ont une signification vraiment très forte depuis la naissance du protestantisme. Pas de distinctions particulières entre les pasteurs et s’il faut bien un bureau de représentants, pas de hiérarchies au sein de la communauté de ces hommes et femmes d’église ; leurs mariages y sont totalement autorisés. Ça, c’est pour la Liberté et l’Égalité. Quant à la Fraternité, on ne peut pas nier le sens profondément fraternel de l’église protestante.

J’ai donc été élevé avec ces valeurs, très ancrées dans mon être intérieur et paradoxalement, je devais suivre les principes éducatifs de ma mère pour laquelle il était très important que ses enfants « réussissent » et deviennent des bourgeois respectables, comme les ascendants de la famille. Il fallait donc rentrer dans le moule et ne pas faire de vagues. C’est pour cette raison que mes rêves ont été cassés, comme mes envies et par la suite ma rébellion. D’un enfant qui paraissait volontaire, je suis devenu un adulte indécis et plutôt instable avec toutes les phobies qui se sont déclenchées pendant mon adolescence.

Intéressant Hannah, non ? Je pensais à cela cet après-midi. Ma mère pensait certainement bien faire en essayant de me booster en me comparant avec mes cousins-cousines qui eux avaient de bons résultats à l’école… et je me suis demandé pourquoi je m’étais renfermé sur moi-même ? En fait, à chaque fois qu’elle me disait « Etienne, si tu ne travailles pas mieux que cela, tu n’arriveras jamais à avoir une bonne situation… », moi je pensais : « c’est pour elle qu’elle dit ça, pas pour moi… de toute façon, je suis un mauvais élève ? Eh bien, je ne vais plus me fatiguer à lui prouver le contraire… » Pourtant, maintenant je suis sûr que ce n'est pas ce qu'elle voulait dire. De cette époque, je n’ai plus jamais eu véritablement confiance en moi,

Au jour d’aujourd’hui, je sais de quoi je suis capable mais je ne sais toujours pas de quoi je ne suis pas capable… D’où ma grande difficulté aujourd’hui de faire mon choix pour « cette nouvelle vie ».

A la mort de mes parents qui se sont éteints à deux mois d’intervalle fin 2001 et début 2002, notre fratrie s’est disloquée. Ma sœur aînée avec qui je m’entendais très bien les avait précédés de quatre ans, deux jours avant le tragique accident de Diana. Ma confidente, ma sœur, mon amie n’est plus là et elle me manque terriblement en ce moment.

J’ai envoyé mon livre « Couleurs de Provence », à mes deux sœurs et mon frère (qui est pasteur) aucun ne m’a répondu pour m’encourager, me dire ce qu’il en pensait, rien, nada, le vide, le néant ! Grands moments de solitude… une fois encore.

Leur déplaise ou non, mes rêves sont revenus, ils sont là et je souhaite les voir se réaliser. Et comme m’en ont témoigné certain d’entre vous, des hommes et des femmes ont réussi à construire leurs rêves sur la toile, alors pourquoi pas moi ? Voilà mon objectif quel que soient les moyens (légaux bien-sûr) que je prendrai pour y parvenir, en restant ici ou en partant ailleurs.

Pour que je reste ici, il faudrait presque un miracle et comme me l’a écrit si justement notre ami Pascal -du blog I Will Be The Best- il vaut mieux prendre les devants plutôt que de se retrouver dans une situation encore plus difficile d’ici peu de temps en attendant ce miracle qui a peu de chance d’arriver.

 

 

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